Tir du loup, pourquoi tant de haine ?

Tir du loup, pourquoi tant de haine ?

Depuis les années 1980, petit à petit, le loup est revenu sur le territoire français. Ce qui pourrait être une bonne nouvelle, du point de vue de la biodiversité est en fait un cauchemar si on en croit les éleveurs d’ovins et de caprins.

Les éleveurs réclament la mort du loup ! Mais pourquoi ne peuvent-ils pas cohabiter avec lui ? Le loup est-il vraiment si dangereux ? En Europe, le loup est protégé par la convention de Berne de 1979 qui en fait une espèce protégée, malgré cela, des dérogations n’ont pas cessé d’être rédigées pour « prélever » (comprenez « abattre ») chaque année de plus en plus de loups.

Bienvenue dans le plan loup !

Le 7 mars dernier, Emmanuel Macron a annoncé que le pourcentage des loups pouvant être abattus serait augmenté. De fait le nombre passerait de 43 à 51 pour l’année 2019.

Or, 78 loups ont déjà été abattus en 2018. Mais cela a-t-il eu un résultat ?

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Depuis le retour progressif du loup, les éleveurs ovins et caprins ont signalé de plus en plus d’attaque de prédation. Par le « Plan loup », l’état a décidé d’en abattre chaque année de 10 à 12% de la population, malgré son classement d’espèce protégée.

Pourtant des rapports montrent que le massacre des loups n’apporte rien de bénéfique. Bien au contraire car il dérègle les meutes qui ne sont rien d’autre que des familles, en les affaiblissant. Les familles désorganisées et affaiblies auront plus de difficultés à s’attaquer à des proies comme des cerfs ou des sangliers et iront voir d’autant plus du côté des élevages en pâturage.

Car il est bien plus facile pour eux d’aller se servir auprès d’un troupeau bien souvent peu gardé.

Etudes (En) sur Plos One :

Ovins prédatés et tirs de loups : la gestion calamiteuse de Canis lupus en France

En faisant mes recherches, je suis tombé sur ce très bon article de Patrick Leyrissoux, de l’association Ferus, pour la protection et la conservation du loup, de l’ours et du lynx. Je préfère vous y renvoyer plutôt que de risquer de faire doublon.

🇳🇱 Comment se débrouille les Pays-Bas ?

Aux Pays-Bas aussi il y a eu beaucoup de loups par le passé, mais comme partout ailleurs ils ont été décimés par les chasseurs. Le dernier loup du pays se serait éteint à la fin du 19ème siècle (apparemment en 1869), tué par un chasseur bien sûr… Heureusement, le loup est également de retour au pays des tulipes ! Depuis, il n’y a eu qu’une seule « attaque » fin juin 2018 causant la mort de deux moutons. Même s’il ne fait que revenir sur les territoires où il a jadis habité, nombreux sont ceux qui veulent sa peau !

Voici une carte issue du magazine du Staatbosbeheer (Organisme public néerlandais de gestion des forêts) montrant là où différents loups ont été apperçus dans le pays en 2017 et 2018. En sachant que ces derniers jours, une deuxième louve a été déclarée comme étant établie sur un territoire précis (dans le nord d’une région nommée Veluwe).

Heureusement les loups ne sont pas seuls !

Mais aux Pays-Bas existe un parti qui défend tous les animaux, y compris le loup bien sûr : le Partij voor de Dieren (qui signifie « parti pour les animaux », en abrégé PvdD). Il s’agit du premier parti antispéciste au monde qui a vu jour  en 2002. Au fil du temps il a bien grandi et joue un rôle important dans la politique néerlandaise ainsi que dans le monde entier, avec entre autre sa participation au Parlement européen. On en reparlera. 😉

logo pvdd

Fin 2017, Anja Hazekamp, la députée européenne du PvdD, a envoyé des questions avec demande de réponses écrites à la Commission européenne concernant le tir de loup et d’ours en Roumanie. Vous pouvez trouver ici en anglais les questions qui ont été posées :

https://www.partyfortheanimals.nl/party-for-the-animals-raises-issue-of-shooting-of-romanian-bears-and-wolves-in-eu/

Le commissaire européen chargé de l’environnement, Karmenu Vella, répondit qu’il comptait bel et bien respecter l’annexe II (espèces de faune strictement protégées) de la Convention de Berne.

Selon une publication datant du 27 février 2019, Karmenu Vella a confirmé qu’il comptait bien continuer à respecter la convention, c’est-à-dire que les loups et d’autres espèces sauvages protégées par les lois européennes sur l’environnement sont protégés et ils le resteront.

Cette dernière demande de confirmation faisait suite au sujet controversé du retour du loup aux Pays-Bas (où il a été vu de nombreuses fois en 2019).

Dans sa réponse, Karmenu Villa parle de « création de panique » par rapport au rétablissement d’une espèce animale. Il a indiqué que les dispositions actuelles auxquelles les pays européens sont soumis leur donnent un panel de possibilités largement suffisant pour gérer et résoudre d’éventuels problèmes de coexistence avec des grands mammifères. Il insista également sur le fait que dans la plupart des régions, les populations de loups n’ont toujours pas atteint de niveaux durables.

anja hazenkamp
Anja Hazekamp, députée européenne du PvdD

Anja Hazenkamp a apporté d’excellents arguments au sein de son discours le 29 août dernier (2018) lors de la commission de l’agriculture portant sur le retour du loup en Europe.

Elle parle de son étonnement : au vu de toutes les menaces qui pèsent sur le loup, c’est un miracle qu’il ne soit pas encore disparu en Europe.

Elle dit comprendre que les éleveurs veulent protéger leurs animaux mais elle explique également que c’est à eux que revient la responsabilité de protéger leur bétail contre la prédation.

Elle ajoute qu’aux Pays-Bas, la majorité de la prédation des moutons est commise par des chiens errants, non des loups ! (Donc là aussi la protection dont sont responsables les éleveurs est insuffisante.)

Elle continue en expliquant que ce sont eux, les politiciens, qui ont la responsabilité d’informer correctement les habitants sur le retour du loup, d’informer les éleveurs concernant les possibilités qu’ils ont pour protéger leurs animaux*, de faire en sorte que l’on comprenne que la chasse au loup est inutile et que seules de vraies informations circulent dans le pays. Tout cela dans le but de faire disparaître cette peur infondée concernant le loup.

*Elle mentionne l’existence de nombreuses méthodes alternatives préventives et innovatrices qui ont été développées pour combattre la prédation des moutons par les loups.

Elle explique également que si l’on laissait le loup « faire son travail » il n’y aurait plus non plus besoin de chasseurs pour réguler les autres animaux.

Dans son discours, comme dans celui de tous les autres membres du parti, elle parle du « roodkapjesyndroom », le syndrome du Petit Chaperon Rouge comme le dise les Suisses, qui je trouve décrit bien la situation.

petit chaperon rouge avec le grand méchant loup

Le loup n’est pas un monstre !

Comme elle l’expliquait si bien dans un autre discours sur le sujet en 2015 : les loups ne représentent pas un danger, ils ne mangent pas les petites filles ni leur grand-mère ! Bien sûr ce sont des animaux sauvages, ils se nourrissent donc bien d’autres animaux, qu’il s’agisse de lapins, de lièvres, de chevreuils ou de moutons. Ils peuvent donc aussi aller chercher leur repas chez le bétail. C’est comme un drive-in de fast-food pour eux donc pourquoi s’en priverait-il ? (Et oui après tout, qu’est-ce qu’ils en savent eux qu’ils ont le droit d’attaquer un lièvre mais pas un mouton…) Les éleveurs ont la responsabilité de protéger leur bétail de cette prédation, autant qu’ils se doivent de les protéger contre d’autres influences externes. Eux aussi sont responsables de la bonne qualité des espaces de vie et d’une nature robuste qui permettent de donner une chance aux loups.

Le PvdD fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire disparaître ce syndrome du Petit Chaperon Rouge. Que celui-ci retourne dans les livres de contes ! Anja Hazenkamp explique que certaines personnes atteinte de ce syndrome ne cessent de tout faire pour ouvrir la chasse aux grands carnivores. Mais ils ne comprennent pas que les animaux comme le loup, le lynx et l’ours brun sont d’une importance vitale pour la biodiversité en Europe. C’est bien pour cela aussi qu’ils se trouvent sur la liste des espèces animales protégées… On ne les protège pas pour le fun !

Sources (NL) :

 

🇪🇸 ESPAÑA : tout se joue en Castille-et-León

En Espagne, pays qui a probablement la plus grande population de loups d’Europe, le loup (Loup Ibérique ou Canis lupus signatus pour être plus précis) est une espèce gibier/chassable alors qu’au Portugal il est protégé à 100% sur tout le territoire.

Pour ce qui est de la protection du loup en Espagne, le pays est coupé en deux zones partagées par le fleuve Duero :

– le loup bénéficie d’une protection très stricte au sud du Duero (annexe IV de la Directive Habitat) ;

– alors qu’il est chassable au nord du Duero « à condition que les prélèvements effectués ne nuisent pas à un niveau satisfaisant de conservation de l’espèce » (annexe V de la Directive Habitat). Le loup y est considéré comme « gros gibier », donc on peut le chasser de plusieurs manières : battus, vèneries…

Voici une représentation visuelle sur une carte du WWF España (https://www.wwf.es/nuestro_trabajo_/especies_y_habitats/lobo_iberico/) pour vous aider à situer tout ça :

carte fleuve duero deux espagnes

Ce fleuve dont la vie ou la mort des loups dépend (les pauvres n’en ont pas le moindre doute, c’est tellement ignoble), passe dans la région, ou plutôt communauté autonome, de Castille-et-León (Castilla y León en espagnol), là où vivent plus de 50% des loups du pays.

Dans cette communauté autonome la norme (y compris le plan triannuel indiquant le nombre de loups pouvant être tués par an*) est mal interprétée. L’espèce fait l’objet d’une protection très stricte au sud du Duero mais cela n’empêche pas que des loups soient tués illégalement dans la partie de Castille-et-León se trouvant au sud du fleuve ! Et même au nord du fleuve, beaucoup de loups sont abattus de manière illégale… Par exemple en 2017, selon El País entre 500 et 650 loups ont été tués ! Selon le journal quotidien El Comercio, il s’agirait plus précisément d’un total de 618 tués en Espagne cette année-là, 293 abattus par des chasseurs, 74 renversés sur les routes et 259 victimes de manière illégale ou empoisonnés.

*maximum 143 loups par an entre 2017 et 2019

Heureusement des associations de défense de l’environnement se battent contre ce plan triannuel. Et ça a porté ses fruits ! 🍌🍓 🍋 Selon Ferus, le Parlement régional de Castille-et-Léon a approuvé la demande d’abrogation du décret (nécessaire pour que le plan triannuel soit mis en application). Plus d’infos sur :

https://www.ferus.fr/actualite/espagne-le-tribunal-de-castille-leon-interdit-definitivement-le-plan-de-chasse-aux-loups#more-39458

Ce qui signifie que les loups ne seront plus chassés cette année en Espagne ! Enfin sans compter la chasse illégale… mais bon c’est déjà ça !

Cependant, je dois vous avouer que je suis tombée sur une publication du quotidien espagnol ABC datant du 29 mars 2019 selon laquelle, en Castille-et-León, on peut chasser le loup cette année à partir du 4ème dimanche de septembre jusqu’au 4ème dimanche de février de l’année suivante ! Donc j’espère que ceci était une erreur de leur part et qu’elle sera vite corrigée !

« Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom »

Malheureusement, ce fichu syndrome du Petit Chaperon Rouge est encore très présent en Espagne. Là comme partout, les superstitions sur les loups (dues aux traditions et légendes) foisonnent ! On dit qu’il existe environ 70 expressions traditionnelles (comme « amigo, el otro, tío Juan ») que les locuteurs peuvent dire pour éviter le mot loup (lobo en espagnol).

Mais pourquoi donc faudrait-il éviter de prononcer ce mot ? Et bien c’est comme dans Harry Potter : il ne faut pas prononcer le nom de « Tu-Sais-Qui » (le maléfique Lord Voldemort pour les quelques personnes qui n’auraient pas la référence). Là c’est pareil, la moindre mention de ce terme pourrait invoquer la créature… C’est à se demander si on parle d’un monstre ou du loup.

Une petite mise à jour des mentalités ne ferait donc pas de mal…

Sources (ES) :

A présent : allons jeter un œil à comment les choses se passent pour le loup de l’autre côté de l’Atlantique.

🇺🇸 Les prédateurs en danger aux USA :

L’administration Trump compte retirer la protection du Loup gris dans l’ensemble du pays !

Avant de commencer situons les populations de loups aux Etats-Unis. Voici une carte produite par le Wolf Conservation Center (https://nywolf.org/learn/us-wolves) présentant les populations de loups aux Etats-Unis selon des données collectées par état américain entre 2016 et 2019 (la majorité datant de 2018). La bulle rouge représente les 24 derniers « red wolves », le Loup rouge ou Loup roux (Canis lupus rufus ou Canis rufus). Plus de détails sur le site d’où provient la carte :

carte loups us

Endangered Species Act :

Début mars, le département de l’Intérieur des États-Unis, dirigé par l’actuel secrétaire par intérim David Bernhardt, a annoncé leur projet de retirer de la liste du Endangered Species Act (une loi fédérale des Etats-Unis adoptée en 1973 dans le but de protéger de la chasse et des trafics de nombreuses espèces animales et végétales menacées sur le sol américain) les loups du pays entier !

L’administration de Trump a consciencieusement écrit sous la dictée des groupes de pression représentant les ranchers, le National Rifle Association*, le Tucson-based Safari Club** et autres organisations vénératrices du port des armes.

* le fameux NRA, dont la principale activité est de protéger le 2ème amendement de la Déclaration des droits qui donne le droit de posséder et de porter des armes

** une organisation internationale de chasseurs consacrée à la défense de la liberté de chasser

On avait déjà vu la cruauté de cette administration en 2017 lorsque Trump signa la résolution 69 (H.J.Res69) donnant l’autorisation de tuer les prédateurs (les grizzlis et loups par exemple) dans 16 réserves nationales d’Alaska pour augmenter la population de caribous et d’orignaux. Et pourquoi ? Pour faire plaisir à ses amis les chasseurs aux trophées. Ceci mit donc fin à l’Alaska National Wildlife Refuges Rule (NWR) voté sous l’administration Obama qui visait à protéger plus ou moins les prédateurs de ces avides chasseurs.

carte nwr
Carte du Arctic National Wildlife Refuge, U.S. Fish and Wildlife Servicehttp://arctic.fws.gov/shademap.htm

Entouré de fonctionnaires anti-animaux jubilant, Trump autorisa d’un coup de stylo le tir et le piégeage de loups et autres prédateurs ainsi que leur progéniture même jusque dans leurs tanières ! Autorisant également le repérage d’ours en avion, le massacre d’ours en hibernation, le piégeage d’ours à l’aide de fil de fer, l’appâtage d’ours avec de la nourriture pour pouvoir les tuer à bout portant !

Une étude (Tyler B. Muhly, Marco Musiani, 2009, https://www.academia.edu/328595/Livestock_Depredation_by_Wolves_and_the_Ranching_Economy_In_the_Northwestern_US) menée dans trois état aux Etats-Unis (l’Idaho, le Montana et le Wyoming) met en évidence que le nombre total de pertes de bétail dû à la prédation du loup est mineur comparé aux autres causes de décès. Sans compter que dans la zone géographique étudiée, les coûts de déprédation du bétail étaient négligeables par rapport aux revenus générés par la production de bétail et ce malgré que ces coûts augmentaient pendant la période d’étude !

Les trois états en question sont indiqués par un loup sur la carte (provenant du site Geology https://geology.com/world/the-united-states-of-america-satellite-image.shtml) suivante :

map 3 states

Le tir sur les loups aggrave le problème :

Une autre étude de 2014 menée aux Etats-Unis (Robert B. Wielgus,Kaylie A. Peebles, 2014, https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0113505) montre encore une fois l’effet contreproductif de tuer un loup. En effet, selon l’étude, tuer un loup peut augmenter le risque futur qu’un loup attaque du bétail !

Les auteurs ont évalué les effets de la mortalité du loup sur la réduction de la déprédation du bétail dans trois états américains : Idaho, Montana et Wyoming. Les données ont été collectées individuellement pour chaque état sur une période de 25 ans (de 1987 à 2012).

Voilà une nouvelle preuve qui contredit l’idée commune selon laquelle la manière la plus rapide et sûre de gérer le problème des loups menaçant le bétail est de les abattre. Cela s’ajoute à une compréhension grandissante de la façon dont les humains influencent les dynamiques complexes de conduite de ces meutes de loups, avec parfois des conséquences complètement inattendues.

Sources (EN) :

Que faire en France ?

Le meilleur moyen est de sensibiliser les éleveurs concernés sur le fait que le retour du loup n’est pas un problème. Que les tirs ne résoudront rien. Le plan loup prévoit que les troupeaux doivent être protégés et indemnise les éleveurs qui le font.

Malheureusement, certains éleveurs l’ont très bien compris et préfèrent crier au loup à la moindre occasion.
Je vous renvoie vers un article sur reporterre.net qui parle justement de ce sujet.

En cas de prédation sur un mouton, l’éleveur a tout intérêt à déclarer qu’il s’agissait d’un loup. L’indemnité qui en découle est avantageuse pour eux. A ne pas oublier que l’élevage est fortement subventionné par des fonds public.

Quelle solution ?

Certaines associations comme Ferus sensibilisent les éleveurs. Certaines régions et certains éleveurs vont également dans ce sens. Mais cela prend beaucoup de temps. Car il y a avant tout un changement de mentalité qui doit s’opérer sur le sujet des grands prédateurs.

On pourrait également revoir la nécessité de l’élevage, en sachant qu’elle dépend autant des subventions. Ne faudrait-il pas aider les éleveurs qui le souhaitent à changer d’activité ? Je reviendrai sur la question de l’élevage en pâturage dans un prochain article.

Que pensez-vous du retour du loup ?

L’écriture de cet article à nécessité beaucoup de temps. Merci infiniment à Laetitia pour m’avoir aidé ! Elle a trouvé et traduit toutes les sources en néerlandais, anglais et espagnol ! Elle m’a également bien aidé pour la rédaction de cet article !

J’espère que cette lecture vous aura permis d’en savoir plus sur l’impact du loup.

Qu’en avez-vous pensé ? Etes-vous pour ou contre le retour du loup ?

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A toi de jouer, ami.e Sapiens !

2 réflexions au sujet de « Tir du loup, pourquoi tant de haine ? »

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